dimanche 25 août 2013

Les camps de sélection - retrancher un joueur

Les camps de sélection des équipes doubles lettres sont en branle, et les camps simples lettres débuteront bientôt.  En participant à un camp de sélection, les joueurs se batailleront pour l’obtention d’un poste.  Malheureusement, il n’y a qu’un certain nombre de positions disponibles et la majorité d’entre eux ne réussiront pas à se tailler un poste.

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Les camps de sélection au hockey.  Il y aura des heureux et des malheureux

En ce qui me concerne, une des tâches les plus difficiles qu’un entraîneur doit faire est d’annoncer à un jeune joueur qu’il n’a pas été sélectionné et qu'il doit se rapporter à l'équipe de la prochaine catégorie.  Mais cela vient avec le métier d'entraîneur et on doit tous y faire face.  Si on garde à l’esprit que la priorité est le développement du joueur, un camp de sélection sert justement à déterminer une équipe dans laquelle il pourra vivre une expérience enrichissante tout en maximisant son développement.  Certes, c’est extrêmement difficile à faire comprendre ceci à un jeune qui voulait faire partie d’une équipe de plus haut niveau, mais à mon avis, c’est le rôle des entraîneurs et des parents de s’assurer que le jeune comprenne que c’est pour son bien.

Personnellement, j'ai été retranché 2 fois dans le temps que je jouais au hockey vers la fin des années 80.  Mais je me rappelle très bien chacun de ces moments.  Les méthodes de communication ont changé depuis, mais il n’en demeure pas moins que c’est une expérience que tous les joueurs de hockey veulent éviter.

Comme entraîneur, j’ai également vécu l’expérience durant les années 1990 et aussi 2010.  Un écart de 20 ans entre les deux.  Certes, les méthodes employées n’étaient pas identiques d’une époque à l’autre, mais j’ai toujours utilisé le même principe de base : la communication.

Il n'y a pas de recette miracle pour retrancher un joueur.  Selon moi, tout repose sur la communication.  Voici alors quelques-unes de mes suggestions.

Planifier vos sessions.  Il est primordial que les joueurs et parents soient au courant du nombre de joueurs que vous conserverez, le nombre de séances qu’ils auront sur la glace (ou hors glace), quand les retranchements se feront, le nombre de matchs simulés, les qualités que vous recherchez, vos méthodes d’évaluation, etc.  Plus vous serez clair dans votre démarche et plus vous communiquerez avec les parents et les joueurs, plus vous vous éviterez des malentendus par la suite.

Gardez une fiche d’évaluation sur tous les joueurs qui se présentent à votre camp.  Tout au long du camp de sélection, remplissez cette fiche et ajoutez-y des commentaires.  Déterminer les forces et les faiblesses du joueur en question.  Cette fiche vous sera un allié important dans le processus de retranchement.  Cliquez ici pour un exemple de fiche d’évaluation.

Soyez franc et honnête!  Ne faites pas de promesse que vous ne pourrez tenir.  Expliquez-lui ses forces et ses qualités.  Encouragez-le à travailler sur 1 ou 2 aspects de son jeu.  Invitez-le à poser des questions et offrez-lui des commentaires positifs qui lui serviront pour son développement.  Si les parents sont présents, soyez prêt à répondre à leurs questions.  Évitez à tout prix les confrontations.

Assurez-vous d’avoir sur place un membre de votre association locale.  Si jamais les esprits s’échauffaient, cette personne pourra vous épauler dans votre prise de décision et respectueusement mettre fin à la conversation.  Les adultes doivent garder à l’esprit qu’il y a un jeune présent dans la salle et une confrontation ne servira à rien pour son développement.

Évitez le « walk of shame », surtout chez les jeunes joueurs.  Il est très humiliant de sortir d’une salle où tu viens d’apprendre que tu as été retranché et tous les autres joueurs et parents te regardent.  Les yeux mouillés, tu as seulement le goût de disparaître.  C’est une épreuve difficile à vivre pour les joueurs. 

L’association dans laquelle je suis membre a reconnu que le « walk of shame » était une situation humiliante et a remédier au problème.  Cette saison, tous les retranchements se feront via le site web de l’équipe.  Si ton nom n’est plus sur la liste, tu es demandé de te présenter au camp de l’équipe du prochain échelon.  Le joueur apprend son retranchement à son domicile, entouré de ses parents.  Certes, on élimine la rétroaction immédiate avec l’entraîneur mais d’un autre côté, on évite une situation embarrassante pour le joueur.  La rétroaction peut très bien se faire plus tard, surtout si vous avez bien rempli votre fiche d’évaluation.

Remettez une copie de vos fiches d’évaluation à votre association locale.  En cas de besoin, celle-ci pourra s’y référer si jamais le parent demande une rétroaction. 

Demandez l’aide et la participation de vos entraîneurs conseils.  Souvent, ces personnes ont vécu l’expérience à plusieurs reprises avant vous.  Ils pourront vous donner quelques trucs et conseils sur comment bien gérer la situation avec le joueur et ses parents.

Évitez les « can-can » d’aréna.  Ne tombez pas dans le piège d’essayer de justifier votre décision si jamais vous entendez un commentaire négatif à votre égard suite au retranchement d’un joueur.  Ceci ne viendra qu’envenimer la situation.  Gardez vos raisons pour vous, le joueur, ses parents et l’association.  Et en cas de débordement, demandez à votre association d’intervenir.

Finalement, il est évident que votre décision fera des heureux et aussi des malheureux.  Peut-être que certains vous regarderont à l’avenir d’un air frustré, murmureront lorsqu’ils vous verront, partiront des rumeurs ou encore, vous éviteront tout simplement.  Ceci sera leur choix.  Si votre décision a été prise dans le meilleur intérêt du joueur, ayez l’esprit tranquille.


En bout de ligne, le jeune joueur veut juste jouer au hockey.  Et nous adultes, il ne faut pas l’oublier.

Merci de partager ce texte.

Steve Lauzon
Loz | Hockey