lundi 22 août 2016

Qu’est-ce que je fais à partir de maintenant?

Voici un article que j'ai écris il y a quelques années qui je crois, est pertinent en cette période de l'année.  Je ne cesse de répéter que le hockey mineur, c'est une école de vie.  On a des hauts et des bas.  Peu importe l'obstacle que l'on a à faire face, il faut apprendre de la situation.  Je vous assure, qu'à long terme, vous en sortirez gagnant.

Bonne lecture !

Steve Lauzon
Loz Hockey

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Originalement publié le 15 septembre 2014

Déjà à la mi-septembre et plus de six semaines se sont écoulées depuis que les jeunes ont sauté sur la patinoire au début du mois d’août. Pendant cette période, les camps d’entraînement des équipes double lettre ont eu lieu et les équipes sont maintenant complétées ou sur le point de l'être.

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Il faut accepter de faire face aux obstacles

Ceci veut dire qu’il y a plusieurs jeunes athlètes aujourd’hui qui ont le cœur brisé après avoir été retranché de l’équipe qu’ils aspiraient à faire partie. Pour avoir été retranché à quelques reprises au cours de ma carrière au hocky mineur, je sais très bien qu'est-ce que ces athlètes ressentent présentement.

Je me rappelle d’un retranchement qui a fait plus mal que les autres. Même 25 ans plus tard, je suis encore capable de ressentir les émotions et d’écrire l’épisode dans ses moindres détails.

À l’époque, je jouais pour les Citoyens de Hull. Pour ceux qui pourront s’identifier, c’est dans le temps que le jaune et le bleu étaient les couleurs de nos chandails, fluorescents par surcroit.

L’année précédente, j’étais au niveau peewee AA mineur. J’assumais le rôle d’adjoint au capitaine et j’ai eu une excellente saison sur le plan individuel. Toutes les facettes de mon jeu s’étaient améliorées lors de cette saison. Et lorsqu’elle fut terminée, j’étais très confiant pour la saison suivante.

Le camp d’entraînement peewee AA majeur arriva. Je m’étais bien préparé. J’ai eu de très belles performances à un point que l’entraîneur m’a dit :
  • Ne lâche pas Lauzon. Tu sais utiliser ta vitesse et c’est exactement ce que je recherche… de la vitesse. J’en ai besoin des gars comme toi !
Ok, peut-être pas dans ces mots exacts, mais quelque chose de même. En d’autres mots, il m’a dit qu’il était impressionné par ma vitesse et c’est ce qu’il recherchait. J’étais fier du commentaire.

Lors du dernier match préparatoire, j’ai compté 2 buts et 1 passe. Je le sais car mon père me le dit encore aujourd’hui :-). J’étais ultra confiant de mes chances de faire l’équipe.

Vous pouvez sûrement deviner la suite.

J’étais des plus surpris quand l’entraîneur m’a appelé dans le petit vestiaire de l’aréna Sabourin. Il m’a dit qu’il avait pris la décision de me retrancher. Je n’ai plus rien entendu de ce qu’il m’a dit par la suite.

C’était comme si je venais de recevoir une claque en plein visage en plus d’un coup de pied dans l’estomac. Je ressentais une boule à l’intérieur de moi comme si quelqu’un serrait mes voies respiratoires.

Au retour à la maison, les émotions de rage, de colère, de déception, de frustration, d’humiliation et de peine ont fait surface.

J’ai toujours joué au niveau AA. Ça ne se peut pas. Il m’a dit que j’étais rapide et c’est ce qu’il voulait. J’ai compté 2 buts ! Il ne connaît pas son hockey. Je le déteste. Je le haïs. C’est quoi je vais dire à mes chums demain à l’école? 

Dire que cette expérience m’a fait mal, c’est la sous-estimer. Elle m’a démoli, du moins, pour quelques temps. Tous mes amis avaient fait l’équipe. J’étais un des seuls retranchés.

Mon père m’a fait réaliser que le hockey était une école de vie et qu’il fallait apprendre de ces expériences. Il m’a dit de me ressaisir, et ce, au plus vite. Oui, j’ai eu un excellent camp d’entraînement et je méritais autant que les autres à faire partie de l’équipe. Mais l’entraîneur pouvait choisir que 3 ailiers gauches. Les 3 autres ont aussi connu un excellent camp d’entraînement. Les forces de l’un étaient les faiblesses de l’autre et vice-versa.

L’entraîneur devait choisir. Il devait prendre une décision. Et avec les informations qu’il avait à sa disposition, il a pris la décision de me retrancher.

Je me suis présenté au camp du peewee BB qui était situé dans la ville voisine à Aylmer. J’y suis arrivé avec l’intention de prouver que l’entraîneur s’était trompé. J’ai travaillé d’arrachepied durant le camp et aussi tout au long de la saison.

Certes, ça m’a pris un certain temps avant d’accepter la décision car je savais que je pouvais jouer au niveau peewee AA majeur. Dans ma tête et celles de mes parents, j’aurais dû jouer à ce niveau. Mais j’ai appris qu’au hockey voire même dans la vie en général, il n’y a rien de garantie. Et en plus, les 3 qui ont été choisi dans l’équipe méritaient autant que moi de jouer à ce niveau. J'ai accepté mon sort.

En bout de ligne, ma saison au BB a été une de mes plus belles années à vie. Je me suis fait des nouveaux amis que je côtoie encore aujourd’hui, de même pour mes parents. Nous avons remporté 2 tournois, les séries et aussi participer au tournoi de Québec.

Comme joueur, c’est facile de devenir frustré de la situation et se poser la question « pourquoi moi? Pourquoi? » Et c’est aussi difficile pour les parents puisqu’on se sent impuissant face à la situation et on se demande comment on va faire pour aider notre enfant à passer au travers ce défi qui se présente devant lui.

Le hockey est une école de vie. Ça nous permet d’apprendre, entre autres, le travail d’équipe, le leadership, l’éthique de travail et la discipline. Et ça nous permet également d’apprendre à gérer ses émotions, la résilience, faire face à l'adversité, et apprendre à relever un défi.

« Qu’est-ce que je fais à partir de maintenant? » devrait toujours être la question que tu te poses.

Je m’adresse particulièrement aux joueurs qui ont été retranchés cette saison. Garde à l’esprit qu’avant d’atteindre ton plein potentiel et tes objectifs au hockey, il y aura plein d’obstacles sur ta route. Que tu acceptes de les voir ou non, il n’en demeure pas moins qu’ils seront là.

Si tu acceptes de les surmonter avec une attitude positive, en redoublant d’ardeur et en acceptant un certain rôle de leader dans ta nouvelle équipe, sans aucun doute, ils feront de toi un meilleur joueur de hockey, mais aussi, une meilleure personne en général. Ils te permettront de développer des qualités que tu pourras utiliser dans toutes les autres sphères de ta vie.

Et lorsque la prochaine saison arrivera, tu seras un athlète différent, plus déterminé que jamais, et ça, je peux t’assurer que les entraîneurs le remarqueront.

À mon avis, c’est l’attitude d’un gagnant.

Et qu’advient-il de l’entraîneur qui m’a retranché il y a 25 ans? Croyez-le ou non, quelques années plus tard, il m’a demandé de donner des ateliers sur les dangers des mises en échec par-derrière à son groupe d’athlètes. J’ai accepté. Je l’ai également croisé à quelques reprises au cours des années suivantes. On a toujours pris le temps de jaser.

Aux entraîneurs, vous devrez prendre à un moment ou l’autre, des décisions déchirantes et non populaires. Peut-être même que vous allez vous remettre en question sur quelques unes de vos décisions.  Les plus grands entraîneurs du sport professionnel le font encore. Mais l’important, au moment de prendre votre décision, faites préalablement vos devoirs, soyez bien documenté et prenez là avec l’intérêt de tous les joueurs impliqués. Restez fidèles à vos principes. Assumez votre décision et les gens vous respecteront par la suite.

Je vous souhaite une excellente saison !

Merci de partager ce texte.


Steve Lauzon
Loz | Hockey