mardi 4 septembre 2018

Qu’est-ce que je fais à partir de maintenant?

Voici un article que j'ai écrit il y a quelques années qui je crois, est pertinent en cette période de l'année.

Je ne cesse de répéter que le hockey mineur, c'est une école de vie. Les joueurs, tout comme les entraîneurs, ont des hauts et des bas.

Peu importe l'obstacle que l'on a à faire face, il faut apprendre de la situation. Oui je sais que c'est plus facile à dire que de le faire, mais je vous assure qu'à long terme, vous en sortirez gagnant.

Bonne lecture !

Steve Lauzon
Loz Hockey

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Originalement publié le 15 septembre 2014, mise à jour septembre 2018

Déjà le mois de septembre quelques semaines se sont écoulées depuis que les jeunes ont sauté sur la patinoire au mois d’août. Pendant cette période, les camps d’entraînement des équipes double lettre ont eu lieu et les équipes sont maintenant complétées ou sur le point de l'être.


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Il faut accepter de faire face aux obstacles

Ceci veut dire qu’il y a plusieurs jeunes athlètes aujourd’hui qui ont le cœur brisé après avoir été retranché de l’équipe qu’ils aspiraient à faire partie. Pour avoir été retranché à deux reprises au cours de ma carrière au hockey mineur, je sais très bien ce qu'ils ressentent présentement.

Je me souviens d’un retranchement en particulier.  Même 30 ans plus tard, je suis encore capable de ressentir les émotions et d’écrire l’épisode dans ses moindres détails.

À l’époque, je jouais pour les Citoyens de Hull dans la région de l'Outaouais.  Du temps que les structures intégrées n'existaient pas, où seulement les 8 premières équipes (sur 12) participaient aux séries éliminatoires et où le sentiment d'appartenance à l'équipe de sa ville était TRÈS présent.

L’année précédente, j’étais au niveau peewee AA mineur.  J’assumais le rôle d’adjoint au capitaine et j’ai eu une excellente saison sur le plan individuel. Lors de cette saison, toutes les facettes de mon jeu s’étaient améliorées et lorsqu'elle fut terminée, j’étais très confiant pour la saison suivante.

Le camp d’entraînement peewee AA majeur arriva. Je m’étais bien préparé durant la saison morte.  Je jouais au baseball et pour la première fois, je m'étais aussi entraîné durant l'été.  Durant le camp, j’ai eu de très belles performances à un point tel que l’entraîneur m’a dit :

  • Ne lâche pas Lauzon. Tu sais utiliser ta vitesse et c’est exactement ce que je recherche… de la vitesse. J’en ai besoin des gars comme toi !

Ok, peut-être pas dans ces mots exacts, mais quelque chose de même. En d’autres mots, il m’a dit qu’il était impressionné par ma vitesse et c’est ce qu’il recherchait. J’étais fier du commentaire.

Lors du dernier match préparatoire, j’ai compté 2 buts et 1 passe. Je le sais car mon père me le dit encore aujourd’hui :-). J’étais ultra confiant de mes chances de faire l’équipe.

Vous pouvez sûrement deviner la suite.

J’étais des plus surpris quand l’entraîneur m’a appelé dans un petit cubicule de l’aréna Sabourin. Il m’a dit qu’il avait pris la décision de me retrancher.

Je n’ai plus rien entendu de ce qu’il m’a dit par la suite. C’était comme si je venais de recevoir une claque en plein visage en plus d’un coup de pied dans l’estomac. Je ressentais une boule à l’intérieur de moi comme si quelqu’un serrait mes voies respiratoires.

Au retour à la maison, les émotions de rage, de colère, de déception, de frustration, d’humiliation et de peine ont fait surface.

J’ai toujours joué au niveau AA. Ça ne se peut pas. Il m’a dit que j’étais rapide et c’est ce qu’il voulait. J’ai compté 2 buts ! Il ne connaît pas son hockey. Je le déteste. Je le haïs. C’est quoi je vais dire à mes chums demain à l’école? 

Dire que cette expérience m’a fait mal, c’est la sous-estimer. Elle m’a démoli, du moins, pour quelques temps. Tous mes amis avaient fait l’équipe. J’étais le seul du groupe retranché.

Mon père m’a fait réaliser que le hockey était une école de vie et qu’il fallait apprendre de ces expériences. Il m’a dit de me ressaisir, et ce, au plus vite. Oui, j’ai eu un excellent camp d’entraînement et je méritais autant que les autres à faire partie de l’équipe. Mais l’entraîneur pouvait choisir que 3 ailiers gauche. Les 3 autres ont aussi connu un excellent camp d’entraînement. Les forces de l’un étaient les faiblesses de l’autre et vice-versa.

L’entraîneur devait choisir. Il devait prendre une décision. Et avec les informations qu’il avait à sa disposition, il a pris la décision de me retrancher.

Je me suis présenté au camp du peewee BB qui était situé dans la ville voisine à Aylmer. J’y suis arrivé avec l’intention de prouver que l’entraîneur s’était trompé. J’ai travaillé d’arrachepied durant le camp et aussi tout au long de la saison.

Certes, ça m’a pris un certain temps avant d’accepter la décision car je savais que je pouvais jouer au niveau peewee AA majeur. Dans ma tête et celles de mes parents, j’aurais dû jouer à ce niveau. Mais j’ai appris qu’au hockey voire même dans la vie en général, il n’y a rien de garantie. Et en plus, les 3 qui ont été choisi dans l’équipe méritaient autant que moi de jouer à ce niveau. J'ai accepté mon sort.

En bout de ligne, ma saison au BB a été une de mes plus belles années à vie. Je me suis fait des nouveaux amis que je côtoie encore aujourd’hui, de même pour mes parents. Nous avons remporté 2 tournois, les séries et aussi participé au prestigieux tournoi de Québec pendant 9 jours !

Comme joueur, c’est facile de devenir frustré de la situation et se poser la question « pourquoi moi? Pourquoi? » Et c’est aussi difficile pour les parents puisqu’on se sent impuissant face à la situation et on se demande comment on va faire pour aider notre enfant à passer au travers ce défi qui se présente devant lui.

Le hockey est une école de vie. Ça permet d’apprendre, entre autres, le travail d’équipe, le leadership, l’éthique de travail et la discipline. Et ça permet également d’apprendre à gérer ses émotions, la résilience, faire face à l'adversité, et apprendre à relever un défi.

Qu’est-ce que je fais à partir de maintenant? devrait toujours être la question que tu te poses suite à un retranchement.

Je m’adresse particulièrement aux joueurs qui ont été ou seront retranchés cette saison. Garde à l’esprit qu’avant d’atteindre ton plein potentiel et tes objectifs au hockey, il y aura plein d’obstacles sur ta route. Que tu acceptes de les voir ou non, il n’en demeure pas moins qu’ils seront là.

Si tu acceptes de les surmonter avec une attitude positive, en redoublant d’ardeur et en acceptant un certain rôle de leader dans ta nouvelle équipe, sans aucun doute, ils feront de toi un meilleur joueur de hockey, mais aussi, une meilleure personne en général. Ils te permettront de développer des qualités que tu pourras utiliser dans toutes les autres sphères de ta vie.

Et lorsque la prochaine saison arrivera, tu seras un athlète différent, plus déterminé que jamais, et ça, je peux t’assurer que les entraîneurs le remarqueront.

À mon avis, c’est l’attitude d’un gagnant. 

Et qu’advient-il de l’entraîneur qui m’a retranché il y a 30 ans? Croyez-le ou non, quelques années plus tard, il m’a demandé de donner des ateliers sur les dangers des mises en échec par-derrière à son groupe d’athlètes. J’ai accepté. Je l’ai également croisé à quelques reprises au cours des années suivantes. On a toujours pris le temps de jaser.

Aux entraîneurs, vous devrez prendre à un moment ou l’autre, des décisions déchirantes et non populaires. Peut-être même que vous allez vous remettre en question sur quelques-unes de vos décisions.  Les plus grands entraîneurs du sport professionnel le font encore. Mais l’important, au moment de prendre votre décision, faites préalablement vos devoirs, soyez bien documenté et prenez là avec l’intérêt de tous les joueurs impliqués. Restez fidèles à vos principes. Assumez votre décision et les gens vous respecteront par la suite.

Je vous souhaite une excellente saison !

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Steve Lauzon
Loz | Hockey